«On veut le Brésil !»: avant le Mondial, la victoire contre la France dope les supporters ivoiriens
Portés par la victoire (2-1) de leur sélection face à la France à Nantes, jeudi, les supporters ivoiriens affichent une confiance décuplée avant la Coupe du monde. Ils rêvent haut de voir leurs Éléphants bousculer la hiérarchie mondiale. « Impossible n'est pas ivoirien », clament-t-il même à l'endroit de l’Allemagne, dans leur groupe, qui n’apparaît plus comme un épouvantail.
Envoyé spécial à Nantes,
Le coup de sifflet final à peine donné, une vague orange a dévalé les escaliers du stade. Les drapeaux flottent dans la nuit nantaise, les chants du pays rythment la sortie des supporters. Au centre de la marée, un refrain est déjà trouvé : « On veut le Brésil ! » Le parvis de la Beaujoire tremble, secoué par des centaines de pieds qui martèlent le béton.
L’exploit des Eléphants face aux Bleus a eu un effet dopant, et si c’est un rêve, plus personne ne veut se réveiller. « Oui, donnez-nous le Brésil ou l’Espagne, on veut essayer quelque chose… »,rigole Martial, maillot orange sur au dos.
Sur ce parvis de la Beaujoire, l’Allemagne n’est même plus le grand épouvantail de la poule E que la Côte d’Ivoire partage avec Curaçao et l’Équateur. Le nom même du géant européen glisse sur les supporters ivoiriens comme une vieille crainte. Marie-Ashley n’a plus peur après avoir assisté à l’exploit de Wahi et compagnie. « Le match était palpitant. On a eu quelques doutes, mais comme on dit, "découragement n’est pas ivoirien". Avec cette victoire, on a gagné la Coupe du monde. On ne pense pas que la Côte d’Ivoire va aller loin, on dit : "la Côte d’Ivoire va aller loin". L’Allemagne ou Lamine Yamal et autres, on va tous les battre. »
Au milieu de la foule, un petit garçon tient fort la main de son père. Il s’appelle Rayan, 10 ans, accent parisien mais cœur à Abidjan. Pour lui la Côte d’Ivoire sera sur le toit du monde cet été.
Marie Ashley, venue de Paris, reste toujours euphorique et savoure ce moment à Nantes. Car, l’Amérique, ce sera sans elle : « C’est trop cher. On maîtrise les finances en France, les États-Unis… » Elle laisse sa phrase en suspens, hausse les épaules, puis se remet à chanter.
Car les chants ne faiblissent pas. Les cordes vocales, si. Jean-Luc parvient à communiquer sa joie dans un souffle: « On a joué avec notre grand frère, la France, mais maintenant, le foot, c’est plus affaire de grands ou de petits frères. On est content de cette victoire, maintenant rendez-vous avec la France en finale de la Coupe du monde. »
Non loin, Mohamed, téléphone à la main pour immortaliser cette journée, croit à la capacité des Eléphants à bousculer la hiérarchie au Mondial. « Je crois vraiment que cette équipe va aller loin en Coupe du monde. On a la confiance et, avec les joueurs qu’on a, on peut, comme le Maroc en 2022, aller en demi-finales et même en finale. »
Au cœur de cette nuit orange, un nom revient plus souvent que les autres : Guela Doué. Latéral droit en feu, buteur et passeur décisif, il est devenu l’icône d’un soir. « Guela Doué, je t’aime ! » s’enjaille une supportrice.
Le défenseur de Strasbourg et ses coéquipiers ne s’envoleront pas seuls vers l’Amérique. Dans leurs bagages, ils emporteront le rêve de leurs supporters, convaincus que cet été, l’histoire attend les Éléphants.
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